Luberon for ever

Luberon for ever

20 juillet 2012 in Actualites, Agenda, Portraits, Provence

• Coup d’œil

En été, il y a deux Gordes comme il y a deux Provence. À la fraîcheur du matin, agrippé sur son piton rocheux, le village se découpe dans sa beauté parfaite, dominé par son château Renaissance et déroulant ses terrasses comme un tapis rouge pour les touristes en pâmoison. Sur la place du marché, les olives et les tomates, les cerises ou le lavandin, les abricots, les fromages de chèvre s’étalent comme autant de péchés capitaux offerts (à prix d’or !) par des brunes aux yeux sombres et aux bras nus forçant sur leur accent chantant…Ce village perché bâti à même le roc se révèle tout en ruelles caladées et maisons hautes enroulées autour de l’imposant château et de l’église. Quelques people se glissent dans la foule, lunettes noires, chapeau de paille et chemise de lin blanc portés telles des armoiries. C’est la tenue réglementaire du vacancier chic dans le Luberon. Et puis, lentement, le soleil referme ses mâchoires, dévorant les ombres salvatrices. Les résidents vont se terrer dans leurs villas, au bord des piscines. Des grappes de téméraires tombés des bus s’aventurent sur les calades, ces ruelles empierrées du village où ont trébuché Marc Chagall et Vasarely… François Mitterrand aussi, du temps où sa seconde famille était encore cachée et qu’il pouvait compter sur la discrétion des autochtones. Dans ces après-midi torrides, la pierre, qui a protégé pendant des siècles les Gordiens des razzias et de la peste, devient alors leur pire ennemi. Elle transforme l’air en feu. Le village semble se tasser un peu plus. Immobile et économisant ses fontaines, il compte les minutes qui le séparent du déclin du soleil. Alors on peut admirer ce four minéral qui rougeoie dans la lumière oblique adoucissant enfin la touffeur du jour.

• À la bonne heure

En fin d’après-midi sur la terrasse de La Bastide de Gordes pour un apéritif tranquille en admirant la montagne du Luberon et la vallée qui se dessine à vos pieds.

• Dans de beaux draps

Sur la route de l’abbaye de Sénanque, Les Bories s’imposent comme l’hôtel de référence de Gordes. Françoise Gallon, la propriétaire, a imaginé un lieu intemporel, de détente et d’harmonie, avec un spa, une piscine ouvrant sur la vallée, des chambres surplombant le village et le Luberon au loin. Il a fallu mettre quelques barrières pour empêcher les biches et les sangliers de s’installer sur les terrasses, mais la nature est là chez elle. Le personnel, lui, a l’oeil à tout, les valises trop lourdes et celles sous les yeux. Il glisse au rythme de ses clients, prévenant sans être encombrant. Le chef, Pascal Ginoux, un enfant du pays étoilé au Michelin, propose une cuisine au cordeau, sans effets de manches superflus. Le signe d’un art maîtrisé. Route de l’Abbaye-de-Sénanque (Les Bories & spa ; 04.90.72.00.51 ; chambres à partir de 310 €, menus de 35 à 92 €).

• Dans le cabas

L’abbaye de Sénanque (balade à ne pas rater) vend ses propres produits issus de la culture de la lavande : huile essentielle, eau de toilette, bougie parfumée, savon à l’ancienne…

• Dans le mille

Se glisser à l’ombre, dans les méandres de la roche fraîche alors que le soleil mitraille tout ce qui bouge à l’extérieur, ça vous dit ? Dans les caves du Palais Saint-Firmin, c’est un Gordes mystérieux que l’on découvre. « La moitié du village est sous terre, creusé dans la roche », explique le maître des lieux, Jean-Louis Morand dont la famille a relevé les murs du palais de Gaudin de Lancier, une des plus belles maisons historiques du village. Mais les Morand ont aussi mis au jour les nombreuses caves du palais. Dans ce monde souterrain s’activaient les besogneux à l’abri du vent glacé en hiver et du cagnard de l’été. En creusant, Jean-Louis Morand a découvert des moulins à huile, des silos, des citernes, des cuves, des restes de l’activité artisanale du village… Classé monument historique, le site dévoile ses secrets au public grâce à un parcours pédagogique simple d’accès. Ouvert tous les jours sauf le mardi. Visite audioguidée 6 €.

Se glisser à l’ombre dans les méandres de la roche alors que le soleil mitraille…

• Rendez-vous

Au Théâtre des Terrasses, Le Messie de Haendel (15 juillet) et Carmina Burana de Carl Orff (21 juillet) par le Choeur Apta Julia (04.90.72.02.75 ; www.choeur-aptajulia.com). Du 22 au 27 juillet, Le Festival de piano de La Roque-d’Anthéron s’invite à Gordes (04.42.50.51.15 ; www.festival-piano.com). Du 2 au 12 août, les Soirées d’été, avec la chanteuse Camille, Henri IV, pièce de Daniel Colas avec Jean-François Balmer, Stochelo Rosenberg trio (jazz), Michel Delpech… (04.90.72.05.35 ; www.soireesdegordes.fr). Au château, exposition tout l’été du photographe Hans Silverster, « La Provence des années 60 ».

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